Parcours Européens à Rouen.

Parcours Mouvement Européens à Rouen.
Centre Historique de Rouen

Entre Seine et cathédrale, un quartier reconstruit

À la suite des destructions de 1940, puis des bombardements alliés en 1944 qui visaient de trop haut les installations portuaires et la gare de triage de Sotteville-lès-Rouen, la partie de la vieille ville située entre la Cathédrale et les quais est massivement détruite. La nef de la cathédrale ne doit sa survie qu’à la bonne tenue de  quelques arcs-boutants du côté sud, vieux de six siècles.

Ce quartier nous parle d’Europe

On ne compte plus, après guerre, les villes d’Europe détruites puis reconstruites, du Havre à Dresde, en passant par Coventry, Varsovie et tant d’autres. Rouen n’y échappe pas.

Immeuble reconstuit,
angle de la rue Grand-Pont et la rue du Général Leclerc.

Il faut donc reconstruire. C’est à cette tâche que s’attelle une équipe d’architectes composée par Messieurs Herr, Desmarets, Bahrmann, Fontaine, dirigée par M. Hautreux, nommé délégué général à la reconstruction en 1947. Il succède à Jacques Gréber, nommé en 1940, sous Vichy et auteur d’un premier plan de reconstruction en 1941. Exit les vieilles maisons à pans de bois et les rue étroites. L’heure est au plan au cordeau et à l’hygiène urbaine, et au traitement des façades et de la structure des immeubles avec des poutres et poteaux en béton armé selon les prescriptions du courant moderne en architecture. Cette reconstruction s’étale de 1947 au début des années 60.

Nous sommes à Rouen et non au Havre et les ilots reconstruits marquent un compromis entre le courant moderne et la tradition rouennaise, soucieuse de garder une trame urbaine moins large qu’au Havre, où Auguste Perret impose ses idées. Cela aboutit à une hauteur des façades plus basse, souvent de 3 à 6 étages. Le cadrage des fenêtres en béton, les façades traitées en pierre donne une certaine unité à l’ensemble de ces ilots. Seules la rue du Général Leclerc, la rue Grand-Pont et le bas de la rue de la République ouvrent des percées larges dans cet ensemble urbain.

Ces ilots se prolongent sur les quais hauts par des bâtiments datant de la même époque comme le Palais des Consuls (ancienne CCI) ou le théâtre des Arts (l’opéra actuel) de la ville de Rouen tous deux achevés en 1958.

Une ville longtemps coupée de son port

Culée du pilier nord droit du pont Boieldieu. Au  fond, les immeubles reconstruction à 5 étages de la rue Grand-Pont.

Ce dernier glisse après guerre en aval, distillant ses installations, des silos, en aval du Pont Flaubert actuel jusqu’au port de Honfleur.

De plus, durant la reconstruction, la décision est prise, sous la pression du projet « Paris port de mer » de relever les ponts pour laisser un passage aux navires de mer. Cette décision entraîne la décision de relever les quais à la hauteur des tabliers des nouveaux ponts construits, mettant fin à la continuité quais bas et ville de l’avant guerre. La conséquence en sera une accentuation de la coupure entre la ville et les berges de la Seine pendant des décennies. Le projet de faire naviguer des navires de fort tirant d’eau et avec des superstructures élevées jusqu’à Paris sera finalement abandonné. La réalisation de ce projet, un peu atteint de la folie des grandeurs, s’avère trop compliquée et trop coûteuse.

La reconquête des quais

Vue des quais bas depuis le pont Flaubert. Il pleuvait sur … Rouen ce jour là.

À partir des années 1980, des opérations d’urbanisme réhabilitent les quais bas et les entrepôts en brique entre les ponts Guillaume-le-Conquérant et Jeanne-d’Arc, puis au delà.
Les armadas, rassemblements fréquents de grands voiliers qui attirent des millions de visiteurs, accentuent cette tendance en réconciliant, la ville et le fleuve dont les berges sont de nouveau très fréquentées par les piétons, avec sur la rive droite une  séparation encore perfectible entre circulation routière, encore trop dense, et circulation piétonnière.

Les Docks 76, réhabilitation, rive droite de l’ancien entrepôt des douanes.

Les quais ont donc connu une reconstruction tardive mais essentielle aux yeux des rouennais, fiers d’arpenter de nouveau les quais des deux rives.

Références :
Patrice Pusateri. La reconstruction de Rouen à l’épreuve du temps Études normandes (47-1), 1998, pp. 9-40: https://www.persee.fr/doc/etnor_0014-2158_1998_num_47_1_2326
https://fr.wikipedia.org/wiki/Reconstruction_de_Rouen

Sur le rôle de Jacques Gréber, architecte et urbaniste en chef de la ville de Rouen de 1940 à 1947 et auteur d’un premier plan de reconstruction :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Gr%C3%A9ber

Sur la problématique générale de la reconstruction, et ses réalisations, à Rouen, rive gauche et rive droite voir aussi l’article de Jean Braunstein :
http://arts-plastiques.ac-rouen.fr/grp/perret/reconstruction_rouennaise.pdf

 

Pour y aller : se promener, le nez en l’air de part et d’autre de la rue Grand Pont …

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